Les méfaits des élastiques sur le cheval de course

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Les méfaits des élastiques sur le cheval de course

Message par almadria le Lun 27 Mar 2017 - 10:05

Les méfaits de l’utilisation des élastiques (enrênement Pyrelli) dans les écuries de courses

Dans les écuries de courses (essentiellement d’obstacles) et aussi dans certains centres de débourrage et pré entrainement, on utilise de plus en plus les enrênements élastique (dit Pyrelli).
Alors qu’il ne s’agit, au départ que d’un « moyen exceptionnel » d’aide, juste pour montrer au cheval la bonne position d’encolure qui devrait lui permettre de se muscler correctement, les élastiques sont parfois utilisés en continu au risque de créer plus de problèmes que de solutions. Ils ont été, de plus, détournés de leur utilisation initiale qui se pratique, encore aujourd’hui, en longe et reliés latéralement à une sangle. Pourquoi en longe ? Parce que cela permet de contrôler l’impulsion, la mise en avant du cheval et l’engagement de ses postérieurs, base de travail du dos du cheval.

Les élastiques :
L' enrênement type élastique force le cheval à se tenir dans une position artificielle. Ainsi, un cheval enrêné va chercher une solution pour ne pas buter sur son enrênement. Pour cela, il va essayer plusieurs positions d’encolure, jusqu’à en trouver une qu’il arrive à tenir et qui lui permette de ne pas blesser sa bouche ou son chanfrein. On peut alors avoir l’impression que le cheval est « placé ». En réalité, il a seulement plié son encolure mais n’a pas modifié la position de son dos. La preuve est que si vous regardez bien vous vous apercevrez que ses postérieurs ne sont pas plus engagés qu’avant, que son dos n’a pas remonté et que la position de son garrot n’a pas changé non plus. Si vous le montez, vous n’aurez pas senti la montée du dos ni l’assouplissement des foulées. Ce n’est donc qu’une apparence sans aucun fondement juste. Il est vrai que notre société est souvent basée sur les apparences..
L'immobilité imposée par les élastiques est donc un véritable problème : la main est supposée suivre le mouvement, et non pas rester figée. En cas de trop de contact, le cheval se fige, se bloque et creuse son dos ; le cheval ne peut plus utiliser le balancier de son encolure. Cela entraîne à terme lombalgie, problèmes de dos, contractions de l’encolure, « rétivité » et problèmes de comportement (lorsque le cheval ose montrer son mal-être).
N’oublions jamais que le cheval est une propulsion arrière : se concentrer uniquement sur l’avant, ou pire la tête, nous fait oublier l’arrière-main et le dos. N’oublions pas que nous cherchons à muscler l’ensemble du cheval, et pas uniquement de faire du « bodybuilding ».

Par ailleurs, la rigidité imposée par les élastiques est également incohérente avec la recherche de décontraction du cheval, qui sera forgée dans son attitude : le cheval ne tend pas son dos, il modifie la position de sa tête pour éviter l’inconfort créé par l’enrênement. Apparences, apparences…Le célèbre feu Docteur GINIAUX nous l’explique bien dans ses livres : les enrênements (et surtout les élastiques fixés sous la sangle et reliés directement à la bouche du cheval) représentent une véritable torture physique et psychologique pour le cheval.
Nous pouvons donc estimer que dans la grande majorité des cas:
• L’enrênement est utilisé pour faire adopter au cheval une attitude artificielle par rapport au cavalier qui le travaille,
• Une fois l’enrênement enlevé, si le cavalier n’a pas changé sa manière de monter, les problèmes refont surface.
• Enrêner, c’est masquer le symptôme sans chercher la cause.

Références scientifiques :
Il est navrant de constater que la majorité des enrênements classiques soient accrochés à la têtière, par l’intermédiaire du mors ou non. En effet, si le cheval relève la tête cela le comprime entre l’atlas et l’occiput (os du crâne). Chez le cheval, comme chez l’homme, la compression entre ces deux os est excessivement douloureuse. Les chevaux appréhendent alors ce contact et ne sont donc pas  incités à étirer leur encolure ; beaucoup d’entre eux se tassent au contraire les cervicales pour ne pas avoir mal et cela va à l’encontre du but recherché, même si la position de l’encolure paraît bonne. (Dr Dominique GINIAUX « les chevaux m’ont dit, essai d’ostéopathie équine »).

«  l’enrênement provoque des restrictions de mobilité qui sont le plus souvent consécutives à des contractures et/ou spasmes musculaires Il est aussi connu que les compressions superficielles des masses musculaires se répercutent dans les zones profondes de façon décuplée (ischémie, contractures profondes et douleur). Ceci peut avoir des répercussions sur les zones clés du pont thoraco-lombaires (garrot, segment thoracique, segment lombaire, bassin, articulations lombo-sacrée, sacro-iliaque et hanche) ». (Dr Vét. ValérieDELAVENNA , thèse « les mors et l’enrênement, mode d’action, d’utilisation, d’application  à la biomécanique et au travail du cheval »- Lyon 1)


L'enrênement alternatif : Le Thiedeman ou Howlett :

Même si rien ne pourra remplacer la « bonne »  main du cavalier…. (sur ce point on pourrait commencer par la base : l’enseignement du cavalier) la Howlett est une bonne alternative aux élastiques. C'est un enrênement fixe qui part de la sangle, passe à l'intérieur de l'anneau du mors et s'attache sur des anneaux à différentes distances sur les rênes.
Il a un effet coulissant comme des rênes allemandes, mais est fixe donc ce n'est pas la main du cavalier qui définit la force appliquée.
Il permet d'aider à placer la tête du cheval, en bloquant la position indésirable et en incitant la "bonne" par un effet coulissant. A partir d'un certain degré de tension des rênes, la lanière du bas qui coulisse dans le mors se tend, et incite le cheval à baisser la tête. Suivant le placer de tête recherché, Comme pour les rênes allemandes, il faut éviter une utilisation régulière de ce montage qui favorise l'encapuchonnement et de ce fait la perte d'impulsion.


« L’enrênement ne rend pas, ne récompense pas, il passe outre les contractions, les déséquilibres, la fatigue musculaire et la détresse respiratoire… Il lui manque la sensibilité, l’intelligence et l’écoute! » Véronique de Saint-Vaulry

almadria

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Re: Les méfaits des élastiques sur le cheval de course

Message par taxi40 le Lun 12 Juin 2017 - 18:15

Je suis 100% d'accord avec votre analyse ,même si nos maîtres entraîneurs utilisent ces artifices, rien ne vaut la main du cavalier.C'est comme la cravache qui est la force des faibles.

taxi40

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