Notre patrimoine

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Notre patrimoine

Message par jamufa le Sam 28 Juin 2014 - 15:08

Je partage tellement ce sentiment:

À la veille d’un grand dimanche sur l’hippodrome corrézien (avec une étape du GTI notamment), Bernard Favennec prend la
plume pour envisager l’avenir de Pompadour. Et l’éleveur-propriétaire-permis d’entraîner n’est pas tendre avec France Haras…


Des éleveurs confrontés à l’incompétence, au pouvoir et à l’irresponsabilité des hauts fonctionnaires parisiens chargés de la liquidation de l’étalonnage public : l’entreprise de démolition est une volonté ancienne, mais dont la mise en oeuvre se sera déroulée de façon appliquée, souterraine, à l’abri du regard des éleveurs concernés, des élus et des politiques locaux ou nationaux eux-mêmes.
Malgré tout, des éleveurs refusent de mourir. Ils veulent savoir, ils veulent se battre, résister, parce qu’ils sont les héritiers du travail entrepris par leurs grands-parents, leurs parents et qu’ils sont bien décidés à prolonger l’oeuvre patrimoniale qui s’inscrit parfaitement dans la gestion humaine et économique de leur territoire. Et c’est sans doute là que se trouve la force de leur engagement, leur poids économique.

Exit les pseudo-raisons imposées par Bruxelles, qui regarderait d’un mauvais oeil un mélange État/privé : des « Haras nationaux » existent dans d’autres Pays de l’Union européenne ! Exit également une rentabilité discutable de l’étalonnage public : des bruits très intéressants circulent sur des mouvements de fonds depuis l’étalonnage vers l’IFCE, afin d’améliorer les finances de cet organisme dont on se demande quelle est la véritable utilité. Inutile donc, si l’on s’en réfère à la volonté exprimée au plus haut lieu, de privilégier l’écologie.
Ce qui m’a réjoui lorsque j’ai poussé la porte de la réunion d’éleveurs de Cercy, c’est l’impression de famille ouverte qui y règne et vous accueille : des poignées de main solides, des sourires, des paroles de découverte de l’autre. Des chevaux sont présentés, on s’assied, votre voisine vous parle de ses juments, votre voisin vous apprend qu’un célèbre étalon local n’est pas en forme.
La famille d’Armaillé est bien présente, nous avons déjà échangé lors d’une réunion syndicale à Paris. Décidément oui, je suis bien dans une famille,ma famille d’agriculteurs attachés à leur terre, à leur élevage et à leur héritage culturel et sportif.

Au cours du Concours régional de Cercy, Jacques Cyprès aura des mots très durs à l’égard des hauts fonctionnaires parisiens des Haras nationaux. Quelle bonne surprise ! Moi qui pensais être l’un des rares à clamer mon indignation, ma colère, en exprimant le sentiment de "lâchage" dont font l’objet les personnes qui, comme moi, à Pompadour, et je l’ai compris ailleurs, sont venus à l’élevage du cheval de course parce qu’il y avait sur place une station des Haras nationaux.
Je dois une extrême reconnaissance à tous les éleveurs qui ont oeuvré afin que le cheval de course français soit perçu comme un des meilleurs du monde. Nous nous devons de poursuivre leur action. Et, dès à présent, imposer à l’administration de maintenir en France les étalons dont elle a hérité pour nous ; je pense évidemment au magnifique Montmartre. Qui oserait oublier que Son Altesse Karim Aga Khan a reconnu la qualité de notre élevage en confiant en 1978 aux Haras nationaux le produit de Marcel Boussac, Labus, qui devint pour nous le géniteur exceptionnel que l’on sait ? Qui osera, dès lors, prendre la responsabilité de disperser sans précaution des héritages que nous avons mis des années à construire ? Ce serait un acte de forfaiture !

J’ai bien évidemment évoqué la situation de Pompadour. Elle est bien pire que celle de nos amis de la Nièvre. En effet, Pompadour est une création politique et, en définitive, d’État. Pompadour fournissait à l’origine chevaux et avoine au marquis qui, à Versailles, entretenait son
régiment au service du Roi. Avec la marquise, le roi, Napoléon, la République, etc., la situation de Pompadour n’a jamais varié, les domaines fournissant toujours des chevaux à l’armée. Pompadour dispose donc d’héritages patrimoniaux exceptionnels, mais sans ville importante à proximité ni bassin d’élevage (comme celui du Nivernais). On peut donc parfaitement envisager la disparition pure et simple de l’activité cheval à Pompadour dans les années qui viennent et, pourquoi pas, dans les jours qui viennent.

Si on veut conserver à Pompadour son Pouvoir d’attiser le rêve, d’attirer le curieux d’histoire des hommes, mais aussi des chevaux, c’est l’ensemble qu’il convient de sauver en le réunissant de façon imprescriptible. Pompadour, c’est un château, lieu de concentration du Pouvoir, de l’Administration, actuellement une quarantaine de pièces pratiquement vides.
Le Puy Marmont était la station d’étalons. Une bonne centaine de boxes, dont une dizaine seulement utilisés à l’année par – semble-t-il – des agents de l’IFCE.
"La Rivière" avec les ruines de son château, sa chapelle, était LA jumenterie nationale… Elle végète et souffre, alors qu’elle fut un pôle attirant les éleveurs de toute la France et, bien au-delà, pour ses pur-sang, mais aussi pour ses pur-sang arabes et ses anglo-arabes. Chignac recevait les poulains au sevrage.
Ces poulains venaient ensuite à l’entraînement du château, dans des écuries où règne actuellement une odeur d’hôpital, tant elles sont désespérément vides.

L’hippodrome enfin :
la perle que l’on doit également aux officiers des Haras. En faisant assécher l’étang qui occupait l’espace, ils ont créé le terrain d’essai idéal pour sélectionner les futurs étalons et poulinières ! Ils en ont fait, bien évidemment, un splendide terrain de jeux, que les touristes continuent de plébisciter avec une assistance que beaucoup d’hippodromes nous envient.
Ce Pompadour là risque donc de disparaître. Le sauver exige une prise de conscience de la catastrophe à venir, au-delà de Pompadour. Il y a trop longtemps qu’ici on a pris l’habitude de vivre « à côté ». L’État gérait seul un organisme à son entière disposition. Il arrive d’ailleurs que l’on entende, de la bouche même de responsables locaux, que « les Haras, on n’en a rien à f… ! » Je pense, au contraire, que nous devons tout faire pour sauver l’ensemble de l’héritage des Haras nationaux.
La première décision à prendre, c’est d’éviter le démantèlement de l’ensemble, parce que c’est l’ensemble qui orientera le plan de sauvetage.
La deuxième, c’est de redonner à chaque partie de l’ensemble la place qui était la sienne dans l’ensemble.
La troisième, c’est d’ouvrir le château à ceux qui veulent s’investir dans le sauvetage de l’ensemble, afin qu’ils puissent envisager une sauvegarde et une réorganisation de l’espace.
S’agissant de "La Rivière", le transformer en un centre de production de cheval arabe et anglo-arabe serait donner raison aux initiateurs qui – officiers des Haras – ont souhaité faire de ces élevages spécifiques les vitrines de la région.

Je suis bien évidemment prêt à concentrer et à rassembler les bonnes volontés qui souhaitent s’informer, agir, se rassembler pour sauver Pompadour. « Pompadour, Cité du Cheval »

jamufa

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Date d'inscription : 20/04/2014

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